A la vue de cette publicité, parce qu'avant d'être une photo, il s'agit d'une publicité, ce qu'on a trop souvent tendance à oublier avec Benetton, donc, à la vue de cette publicité, il me vient à l'esprit un dialogue imaginaire:
la petite fille: "tu vas m'aider?"
le photographe: "Non, je prends juste cette photo pour choquer l'occidental, et je m'casse, désolé..."

Et là, pareil... "tu vas nous sortir de cette merde?" "Ha non non, moi, j'suis là pour vendre des pulls, accessoirement pour dénoncer votre situation, mais pas pour la changer là maintenant tout d'suite, alors, allez, retournez bosser les gamins, y'a des briques qui attendent..."
Avec ces campagnes, qui datent de 1992 et qui ne sont pas associées à des ONG, Benetton a vraiment choqué pas mal de monde, qui leur reproche d'exploiter la misère des gens dans un but purement lucratif...
Et là c'est vrai que question misère, avec ces boats people et ces réfugiés, on est servi, si je puis dire...


Cette dernière campagne (juste en dessous) n'a rien à voir avec les autres, en fait, il s'agit d'une campagne récente (2004) réalisée par James Mollison (celui qui remplace Toscani depuis 2001) qui avait déjà fait la campagne en partenariat avec les Nations Unis.

Là, c'est parti d'un projet personnel réalisé par James alors qu'il était étudiant à la FABRICA (l'agence de pub créée par Benetton). Le but était de créer une sorte de parallèle entre les visages des pubs Benetton et ceux de ces grands singes. C'est devenu une campagne de pub visant, bien sûr encore une fois non pas à vendre des pulls mais à sensibiliser les gens aux menaces (chasse pour la viande, trafic d'animaux vivants, destruction de l'habitat) qui pèsent sur ces espèces de singes. Benetton n'a tout de même pas évité une plainte pour racisme, plus précisemment à cause de la photo du singe avec le nom Jackson écrit sur son visage... Oui, à cause du chanteur, Michael Jackson. Pour certains le lien était évident, vu que Michael Jackson fut noir, mais bon, les jeunes d'aujourd'hui n'étaient pas encore nés.